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Marseille : redonner des couleurs gay au cours Ju

Marseille : redonner des couleurs gay au cours Ju
juin 17
18:35 2017

L’association LGBT « Rainbow Cité » a organisé ce vendredi un rassemblement au Cours Julien. L’argent récolté par la sardinade et la buvette sera reversé à l’association « urgence Tchétchénie ».

« Make Marseille Queer Again », c’était le mot d’ordre de l’événement. « Queer » étant le qualificatif dont étaient affublés les LGBT et qu’ils se sont réapproprié pour en faire une force et une fierté.

L’événement avait donc pour objectif de faire de Marseille une cité plus ouverte et tolérante en donnant une visibilité à la communauté LGBT. Pour ce faire, le collectif avait décidé de repeindre les emblématiques marches du Cours Julien, dans le centre-ville, aux couleurs de l’arc-en-ciel, symbole du mouvement, le tout accompagné par des Djs, des grapheurs et soutenu par des associations LGBT de Marseille.

L’événement avait aussi une portée plus grande, conférée par les nombreuses persécutions d’homosexuels et transgenres en Tchétchénie. L’argent de la sardinade et de la buvette sera d’ailleurs reversé à l’association « Urgence Tchétchénie », qui s’occupe d’aider des Tchétchènes dont l’orientation sexuelle ou le genre représentent un danger dans leur pays, à venir jusqu’en France afin d’y demander l’asile politique.

« C’est fini de croire qu’on pose problème ! »
Pour Théo, qui a fondé Rainbow Cité en 2017, l’enjeu est celui de la reconnaissance et de la visibilité. Placer les symboles LGBT dans la rue est une garantie de la présence symbolique du mouvement, à défaut d’une présence physique. Car, « avec l’état d’urgence, on est à la limite de la censure », lâche-t-il.

Les manifestations sont de plus en plus difficiles à organiser en accord avec les mairies et les préfectures. D’où la nécessité d’en passer par des chemins dérivés, comme cette invitation Facebook pour l’événement de vendredi qui a suscité l’engouement en seulement une semaine, une première satisfaction pour ses organisateurs.

Le collectif se dit politique, par nécessité. « Toute l’histoire des luttes LGBT pour la reconnaissance de nos droits, c’est la visibilité politique et la présence dans la rue », explique Théo, avant de rappeler les émeutes de Stonewall à New-York en 1969, point de départ des revendications politiques des LGBT pour acquérir une reconnaissance et des droits.

Des événements qui seront d’ailleurs commémorés à Marseille le 28 juin.

Être présents dans la rue, c’est aussi rappeler aux pouvoirs publics qu’ils ne pas peuvent rester neutres et conservateurs sur ces questions, alors que des idéologies type « Manif Pour Tous » ont eu, depuis 2012, un regain de visibilité à l’échelle nationale et européenne. « Il y a un véritable travail à faire sur ces questions, notamment à l’école », précise Théo, « c’est fini de croire que la communauté LGBT pose problème ! ».

Le combat des associations LGBT c’est donc d’abord d’alerter les pouvoirs publics : il en va de leur devoir d’apaiser tensions et violences. D’autant plus que des cas d’agressions homophobes et transphobes ont déjà eu lieu à Marseille l’an dernier. Pour Théo, comme pour l’ensemble de la communauté LGBT, l’heure doit maintenant être à la reconnaissance et à la sécurité. Mais selon lui, « l’agenda politique de la ville est propre à une certaine vision de la Cité, qui n’est pas forcément favorable à l’expression de la diversité ».

En clair il est difficile de mobiliser la municipalité autour des questions de genres et même d’orientations sexuelles, c’est pourquoi les associations, grâce à ce genre d’événements, ont décidé de se charger de la communication. À grands coups de pinceaux.

Thomas Grosperrin

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